Est-ce une solution écologique ?

La micro station d’épuration est une technologie nouvelle sur le marché de l’assainissement. Nombre d’entreprises se sont précipitées sur le créneau, voyant-là une filière fructueuse. Ces sociétés se vantent d’épurer, grâce à la micro station d’épuration, plus de 90% des matières polluantes contenues dans les eaux usées (contre 30% pour une fosse septique classique), et que les rejets sont inoffensifs pour l’environnement. Pourtant, beaucoup d’écologistes tirent la sonnette d’alarme en demandant d’être plus réservé devant ces argumentaires commerciaux. Certes, une micro station d’épuration n’utilise aucun produit chimique et utilise le travail biochimique des bactéries naturellement contenues dans les eaux usées, mais lors des rejets, une pollution infime et invisible est toujours bien présente.


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La micro station d’épuration oui, mais avec modération !

Si l’on écoute les commerciaux des entreprises d’assainissement qui vendent des micros stations d’épuration, les sols français ne seraient que de l’argile pur, imperméable, ne permettant pas d’infiltrer les traitements des eaux usées. Or, dans la majorité des cas, les sols sont suffisamment filtrants pour qu’une bonne fosse toutes eaux, bien dimensionnée, avec un bon filtre en sortie (filtres à sable ou tranchées d’épandage), soit parfaitement opérationnelle, pour le traitement des rejets d’un logement familial individuel.
Est-il préférable de polluer la rivière plutôt que le sol avec une micro station d’épuration ? Les rejets sont, officiellement et commercialement, suffisamment « clairs » en sortie d’une micro station pour qu’ils puissent être rejetés directement dans le milieu naturel. Pas si sûr disent les écologistes !

L’impact de l’épuration des eaux domestiques

Si tout le monde admet le caractère indispensable de l’épuration des eaux usées domestiques, l’élément clé de la pollution de ces eaux est l’azote, dont 98% provient des eaux-vannes (eaux fécales des WC), qui se libèrent ensuite sous forme de nitrates et de phosphates. Sous forme organique, avant épuration, ces déchets ne constituent pas une nuisance environnementale pour autant qu’on les traite dans un cycle de compostage par exemple (voir : toilettes sèches). Par contre, les véritables problèmes commencent au moment où les eaux fécales sont noyées et épurées.
Les déjections annuelles d’une personne contiennent de 5 à 9 kg d’azote qui, après épuration dans une micro station, fourniront de 22 à 40 kg de nitrates. Lors d’une « bonne » épuration, 5 à 10% de l’azote n’est pas traité et passe directement dans les rejets infiltrés en sortie de la micro station. Le reste est contenu sous forme minérale dans les boues de dépôts qui sont vidangées à intervalles réguliers, et se retrouvent épandues sur les terres agricoles, attendant les premières pluies pour lâcher les nitrates dans les eaux souterraines.
Le traitement inadéquat des eaux usées qui mélange eaux grises et eaux-vannes devient alors une problématique renforcée par le fonctionnement de la micro station d’épuration.

L’empreinte écologique de l’azote plombe l’assainissement de la planète
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Un bilan énergétique aux performances douteuses

Le fonctionnement sous alimentation électrique continue d’une micro station d’épuration pose des problèmes de performance énergétique. On admet que pour détruire 1 kg de DBO5 (Demande Biochimique en Oxygène sur 5 jours) la micro station consomme en moyenne plus d’un KWh d’énergie électrique. Sachant qu’une personne produit environ 50 g de DBO5 par jour, soit 18,25 kg par an, l’épuration a un coût énergétique de plus de 18 KWh par an et par personne.
L’alimentation électrique est aussi un problème en cas de panne ou de fonctionnement irrégulier (vacances, maison secondaire). Dans ces cas, la micro station d’épuration fonctionnera très mal.

En conclusion

Comme toutes les problématiques liées à l’environnement, il n’y a pas une solution miracle, mais des solutions. La micro station d’épuration est l’une de ces solutions dans les cas de manque de surface, de sol argileux et imperméable. Il est évident que couplée à une filtration en sortie, on améliore son impact écologique. La solution absolue serait de ne plus rejeter d’eaux-vannes.

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