L’histoire de l’assainissement

L’histoire du traitement des eaux remonte aux Romains. Attachant une très grande importance à la qualité de l’eau, ils ont construit des aqueducs pour acheminer l’eau jusqu’aux villes et jusqu’aux maisons, ils ont construit des thermes pour se baigner, ils ont construit des égouts et des latrines pour évacuer les déchets. Une ville romaine était d’abord bâtie sur l’établissement de son réseau d’évacuation, qui, avec le temps, fut couvert et enterré pour des raisons d’odeur et de salubrité. L’égout romain est donc la conséquence de l’adduction d’eau : l’eau qui entre dans la ville doit en sortir.
L’égout le plus ancien du monde romain est la fameuse cloaca maxima de Rome, dont la fonction première était de drainer et d’assainir la vallée du Forum, et ce drain, à mesure de l’urbanisation de Rome, est devenu un égout qui collectait les eaux usées.


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La cloaca maxima de Rome
La cloaca maxima de Rome

De la cloaca maxima au cloaque maximum

Les difficultés politiques et militaires que traverse l’empire romain à partir du IIIème siècle après J.C., l’abandon des villes par les riches pour se retirer dans leurs propriétés, ont peu à peu poussés les Romains à laisser les grands ouvrages collectifs, notamment les égouts.
Au Moyen-Age, oubliées les installations romaines, tous les déchets solides ou liquides sont jetés dans la rue. Pour se protéger des chutes d’immondices, les riches utilisent un carrosse, les gens aisés, une chaise à porteur, pour ne pas salir leurs chaussures ou le bas de leur vêtement. Dans ce cloaque immonde, les épidémies en ville sont fréquentes : peste, choléra, typhus. Elles tuent des milliers de personnes chaque année et cette situation dure jusqu’au XVIIIème siècle.

De l’assainissement des villes à l’assainissement de l’eau

Il faut attendre la seconde moitié du XIXème siècle pour que s’élabore la conception moderne de l’assainissement en Europe. C’est John Snow qui découvrit la véritable origine du choléra lors de l’épidémie terrible de 1854 à Londres. Il préconisa alors, pour éradiquer cette maladie, de collecter les eaux urbaines et de les mener par des canalisations enterrées, à des sites de rejets en milieu naturel.
Avec la croissance continue de l’urbanisation et la poussée démographique, les villes vont développer des réseaux d’égout comptant des milliers de kilomètres de canalisations et aboutir au concept du « tout à l’égout ». Ces réseaux unitaires évacuent dans les mêmes canalisations les eaux usées domestiques et les eaux pluviales. Ils cumulent les avantages de l’économie, un seul réseau à construire et à gérer. Cependant, devant la difficulté de prévoir les volumes d’eau pluviale et pour éviter le débordement des eaux usées dans le milieu naturel, des réseaux séparatifs sont quelquefois nécessaires et permettent de mieux maîtriser le flux qui arrive dans les stations d’épuration.

Les bactéries au service de l’assainissement moderne

Au XXème siècle, avec la prise de conscience de la pollution sur les milieux naturels et le développement de la microbiologie, il apparaît vite aux autorités, que les capacités auto épuratrices naturelles des micro-organismes (bactéries) dans les milieux aquatiques, peuvent être mises au service de la dépollution de l’eau dans des bassins d’épuration. Dès 1914, des scientifiques anglais présentent un système de bassin où les eaux usées sont aérées pour permettre leur dégradation par des micro-organismes présents dans les effluents.
A ce jour la plupart des stations d’épuration fonctionnent sur ce principe : maintenir les boues dans le bassin et activer par oxygénation les bactéries que contiennent ces boues, afin de dégrader les composés carbonés, l’azote et le phosphore.

Les bactéries sont les travailleurs de l’ombre dans l’assainissement
Les bactéries sont les travailleurs de l’ombre dans l’assainissement

En conclusion

Le traitement des eaux usées jusqu’à une station d’épuration urbaine est aujourd’hui la quintessence de l’hygiène moderne. Cela a été un long combat et une avancée majeure pour contrôler les épidémies.

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