Les toilettes sèches : un soutient écologique à l’épuration ?

Beaucoup d’environnementalistes considèrent aujourd’hui qu’un retour aux latrines puantes de nos grands-parents est une avancée moderne contre la pollution. Ils n’ont pas tout à fait tord ! Mais, beaucoup d’idées fausses circulent dans l’argumentation écologique. Si les toilettes sèches ne sont qu’un moyen d’économiser l’eau des chasses d’eau et de supprimer la pollution des WC, alors les promoteurs du « tout à l’égout » ont encore de beaux jours devant eux et les fosses toutes eaux, ainsi que les micros stations d’épuration, sont alors les solutions miracles de l’épuration.


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Il faut revoir notre relation à nos déjections

Nous savons que sans les plantes, il n’y a pas de vie animale, et donc, pas de vie humaine. D’un autre côté, l’animal et l’humain sont indispensables pour les plantes : leurs déjections et leurs dépouilles, avec celles des plantes elles-mêmes, nourrissent l’ensemble des êtres vivants du sol, qui nous le savons, n’est pas un milieu minéral. Ainsi le cycle est bouclé.
La tradition judéo-chrétienne a occulté le chaînon manquant à notre retour à la terre, en attribuant les pires abominations à nos déjections. Dès son plus jeune âge, l’enfant apprend à se méfier de ses déjections, porteuses de maladies. Il entendra souvent dire que « c’est sale », et l’odeur développée par ces excréments viendra appuyer cette sentence d’adulte. Ce dérapage a des conséquences environnementales fondamentales sur le sol, l’eau, l’homme, l’animal et le végétal.

L’hygiénisme : une idéologie du développement insoutenable

Alors que face à la destruction des écosystèmes, l’homme a pris conscience que seul un développement durable était sa planche de salut, l’hygiénisme du XXème siècle a désorganisé notre rapport avec les micro-organismes du sol, les déjections humaines et animales. On a totalement perdu de vue que depuis des milliers de générations, notre système immunitaire a génétiquement été programmé pour vivre dans un équilibre avec ces êtres microscopiques. Les micro-organismes les plus dangereux ne sont pas dans les déjections mais sévissent dans les milieux hospitaliers où l’hygiénisme est de rigueur.
Cette vision hygiéniste est l’un des obstacles majeurs à la gestion de l’eau dans le monde et, à fortiori, à la gestion des eaux usées. L’eau est devenue une marchandise monnayable que l’on salit, épure, traite, filtre comme n’importe quelle ressource minière.
Il est évident cependant, qu’en aucun cas il faut conclure à abandonner la propreté et l’hygiène, sources de santé et de bien des progrès sur le recul des maladies virales. Ce sont les excès de l’hygiénisme dont il faut se méfier !

La peur des microbes nous a éloigné de l’équilibre immunitaire
La peur des microbes nous a éloigné de l’équilibre immunitaire

Les toilettes à litière biomaîtrisée

Les toilettes sèches peuvent se ranger dans trois catégories :

  • La première génération : les latrines de nos grands-parents, un simple trou dans le sol juste au-dessous d’une planche équipée d’une lunette de WC, malodorantes et très polluantes.
  • La deuxième génération : des toilettes qu’on appelle de « type scandinave », une amélioration moderne du vulgaire pot-de-chambre. L’urine qui représente 90% des déjections est stockée dans un réservoir tandis que les fèces sont desséchées par une résistance ou un courant d’air chaud.
  • La troisième génération : un mélange des deux précédents systèmes, un réservoir dans lequel les nuisances olfactives sont maîtrisées par l’adjonction d’une matière végétale riche en cellulose (sciure, copeaux de bois, tonte de gazon, carton déchiqueté).

C’est cette troisième génération qui nous intéresse. La cellulose végétale bloque les réactions enzymatiques des déjections responsables du dégagement des odeurs et ceci, grâce à la présence d’urine. Ainsi le cycle est bouclé. Toutes les déjections sont traitées en même temps. Avec une vidange fréquente (quelques jours) sur un compost établit dans le jardin pendant un an, puis un deuxième compostage pendant une autre année, ces déjections deviendront un humus riche pour le jardin.

En conclusion

Cet article est un peu éloigné des micros stations d’épuration ? Pas tant que cela ! Si l’on maîtrisait le traitement de nos déjections, le traitement des eaux grises ne serait alors qu’une formalité toute simple avec une fosse toutes eaux ou une micro station d’épuration. Vous trouverez sur internet des informations complémentaires sur les toilettes sèches si vous voulez approfondir.

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